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Lundi 22 avril 2013 1 22 /04 /Avr /2013 11:05
Par Isabelle - Publié dans : A lire sur le blog - Communauté : Des poèmes pour rêver
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Samedi 13 avril 2013 6 13 /04 /Avr /2013 10:13

Une histoire de sorcière en pays catalan

Grand-père Albert : un album à imprimer et à colorier

Version intégrale PDF

Avertissement : toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

Grand-père Albert Grand-père Albert


Pour lire le conte comme s'il s'agissait d'un livre : link


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Isabelle Callis-Sabot


Par Isabelle - Publié dans : A lire sur le blog
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Vendredi 12 avril 2013 5 12 /04 /Avr /2013 15:17

Isabelle CALLIS-SABOT

Marguerite et Philibert, un éternel amour

roman en ligne, à lire sur le blog, chapitre par chapitre

 ( En cours de réalisation. Merci de votre patience. Pour vous procurer la version intégrale et acheter le livre : 

Les bons de commande )

P1000197.JPG

      Monastère de Brou, Bourg en Bresse (01)

 


 

Résumé

M-et-P.jpg

 


 

Présentation

-Première partie : Avec ma blessure mourrai. Amboise, hiver 1488.

-Deuxième partie : Dans le jardin d'amoureuse espérance. Malines, été 1493

-Troisième partie : La dame infortunée. Dole, novembre 1501.

-Quatrième partie : Fortune Infortune Fort Une. Malines, décembre 1508.


Liste des chapitres (en cours de réalisation)

-Première partie : Avec ma blessure mourrai. Amboise, hiver 1488

*Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 1

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 2

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 3

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 4

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 5

*Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 6

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 7

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 8

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 9

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 10

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 11

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 12

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 13

* Le roman de Brou. 1°partie. chapitre 14

-Deuxième partie : Dans le jardin d'amoureuse espérence. Malines, été 1493

* Le roman de Brou. 2°partie. chapitre 1

* Le roman de Brou. 2°partie. chapitre 2

*Le roman de Brou. 2°partie. chapitre 3


Chronologie

M-et-P-a.jpg

M-et-P-b.jpg

M-et-P-c.jpg


couverture-roman.jpg

Marguerite d'Autriche et Philibert de Savoie

Par Isabelle - Publié dans : A lire sur le blog
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Jeudi 11 avril 2013 4 11 /04 /Avr /2013 02:59

 

Des poèmes pour rêver, version intégrale : Des poèmes pour rêver : version intégrale


Pour écouter des poèmes lus par l'auteur :   Des poèmes à écouter (gratuit)



 

Version fond blanc

Jardins-secrets-couverture.jpg

 

 

Lien pour la lecture :   Jardins secrets (fond blanc) Jardins secrets (fond blanc)

 

Version imprimable

 


A lire comme s'il s'agissait d'un livre : Version Calameo (gratuit)

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Isabelle Callis-Sabot

Jardins secrets (version fond noir) : recueil de poésies à lire sur le blog (gratuit)

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Un conte de Noel à imprimer et à colorier (gratuit)

Des poèmes pour la Toussaint  (version imprimable)

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Par Isabelle - Publié dans : A lire sur le blog - Communauté : Des poèmes pour rêver
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Samedi 6 avril 2013 6 06 /04 /Avr /2013 18:54

Pour lire les chapitres : Le roman de BROU : présentation (liste des chapitres)


2. L'HOMME ÉGARÉ QUI NE SAIT OÙ IL VA

 

 

Marguerite pénétra dans le petit salon jouxtant la chambre à cheminée.

-Vous m'avez mandée, Marraine ?

La duchesse d'York acquiesça et congédia, d'un délicat mouvement de la main, ses dames de parage.

-Je souhaiterais vous entretenir des épousailles de votre père, déclara-t-elle en fixant sa filleule de ses sombres prunelles.

-J'aurais plaisir à discourir dehors, répondit Marguerite.

Elle tira les tentures de drap d'or, ouvrit la porte donnant sur le courtil. Aussitôt une vive lumière répandit sur les murs tendus de taffetas cramoisi ses reflets flamboyants.

-Profitons de cette charmante saison, reprit la princesse. L'avril renaît, les fleurs éclosent…

-Comme votre beauté, mon ange ! Elle s'épanouit de jour en jour, tandis que la mienne se fane. Mais ainsi va la vie, et l'éclat de votre jeunesse, de même que le renouveau, ravit mon pauvre cœur.

-Vous ne paraissez pas votre âge ! s'opposa mademoiselle de Flandre.

-Ce compliment me touche, ma douce enfant. Cependant j'ai déjà quarante-huit ans et le temps, hélas, ne m'épargne nullement.

La duchesse se remémora les festivités données en l'honneur des noces de Maximilien. Un indicible regret l'effleura.

-Une femme se sent vieillir lorsqu'elle s'aperçoit que sur son passage les hommes ne se retournent plus, et que le poète ne couvre plus son corps d'éloges.

Puis, d'un geste résigné, elle chassa sa morosité.

-Il serait inconvenant que je vous ennuie avec mes tracasseries !

Elle entraîna sa filleule vers le lieu baigné de soleil et de chants d'oiseaux, montra un banc de pierre.

-Ce long voyage m'a fatiguée, s'excusa-t-elle. Je suis percluse de douleurs.

Marguerite contint son impatience, aida la duchesse à s'installer.

-Racontez-moi ce sacrement auquel vous eûtes le privilège d'être conviée, pria-t-elle avec une certaine rancune.

Madame d'York narra l'aventure en s'efforçant de n'omettre aucun détail :

 -Ce fut une étrange cérémonie, se souvint-elle. Il neigeait sur Innsbruck. La nuit était tombée, les rues étaient désertes, les façades des maisons n'étaient point décorées. Car jusqu'au dernier moment, par prudence, le secret concernant l'heure et le lieu du mariage impérial avait été savamment gardé.

Marguerite écoutait, bercée par un mélange de tristesse et de fascination.

-Dans une église glaciale, presque vide, à peine éclairée par de modestes chandeliers, poursuivit la duchesse, l'assistance, très réduite, assista à la bénédiction nuptiale, célébrée en toute hâte. Il fallut alors songer à emprunter des draps aux habitants de la ville, à réquisitionner des chambres pour loger les quelques invités.

Devant le regard interrogateur de la princesse, elle s'expliqua plus amplement :

-Pour ne pas éveiller les soupçons, rien n'avait été prévu à l'avance et les réjouissances débutèrent seulement le lendemain, après la consommation effective du mariage.

À l'annonce de la validation de l'union, la princesse ressentit une vive contrariété. En son for intérieur elle avait envisagé une annulation, un renoncement, un empêchement de dernier instant. Dépitée, elle chercha auprès de dame Nature une apaisante quiétude. Elle respira calmement les senteurs enivrantes du printemps, écouta les tendres gazouillements, retrouva un espoir où subsistait toujours une nuée d'incertitudes.

-Quand reverrai-je mon très redouté père ? se troubla-t-elle.

-Bientôt, ma Princesse, lors de la Joyeuse Entrée de Blanche Marie Sforza dans notre bonne ville de Flandre.

-Le temps me dure…

Madame d'York devina le déconfort dont souffrait Marguerite. Cependant, elle teinta ses propos d'une indispensable sévérité :

-Il vous incombera de lui réserver un excellent accueil.

Après quoi elle se montra rassurante :

-Maximilien ne vous oublie pas, ma mie. Il n'oublie pas votre mère, non plus. Marie n'a jamais quitté son cœur puisqu'en dépit de son remariage il fait reproduire et afficher ses portraits, afin d'avoir son image auprès de lui, où qu'il aille. Si vous saviez combien il l'aime encore, combien il reste inconsolable !

Elle saisit le bras de sa filleule, avoua sur le ton de la confidence :

-La veille de ses épousailles avec Blanche Marie, il récitait encore en sanglotant la ballade de l'homme égaré…

-Père connaît ce poème de Charles d'Orléans ?

-Il l'apprécie jusqu' à s'identifier à son malheureux auteur !

-L'homme égaré qui ne sait où il va…rêva Marguerite.

-Vous plairait-il d'entendre cette sublime complainte ?

-J'aimerais la dire avec vous.

Une expression radieuse illumina le visage de la princesse.

-Je fais la voix de l'amoureuse déesse ! annonça-t-elle, débordant d'enthousiasme.

-Et moi celle du veuf éploré, concéda la duchesse.

Et elle commença, sur un ton de délicate mélancolie :

 

-Dans la forêt d'Ennuyeuse Tristesse,

Un jour m'advint qu'à part moi cheminais,

Si rencontrai l'amoureuse déesse

Qui m'appela, demandant où j'allais.

Je répondis que par Fortune étais

Mis en exil en ce bois, longtemps a,

Et qu'à bon droit appeler me pouvait

L'homme égaré qu'il ne sait où il va.

 

En souriant, par sa très grande humblesse,

Me répondit :

 

-"Ami, si je savais

Pourquoi tu t'es mis en cette détresse,

À mon pouvoir volontiers t'aiderais ;

Car, jà piéça, je mis ton cœur en voie

De tout plaisir, ne sais qui l'en ôta ;

Or me déplaît qu'à présent je te voie

L'homme égaré qui ne sait où il va."

 

-"Hélas ! dis-je, souveraine Princesse,

Mon fait savez, pourquoi le vous dirais ?

C'est par la mort, qui fait à tous rudesse,

Qui m'a tollu celle que tant aimais,

En qui était tout l'espoir que j'avais,

Qui me guidait, si bien m'accompagna,

En son vivant, que point ne m'en trouvais

L'homme égaré qui ne sait où il va."

 

Aveugle suis, ne sais où aller dois ;

De mon bâton, afin que ne fourvoie,

Je vais tâtant mon chemin çà et là ;

C'est grand pitié qu'il convient que je sois

L'homme égaré qui ne sait où il va !

 

Les voix s'étaient éteintes mais un silence plein de charme et de nostalgie suivait les pensers du prince-trouvère. Madame d'York compatissait au deuil de Maximilien. Marguerite, bouleversée, se reprochait ses obscures médisances. Au rythme des vers, son désenchantement, son aigreur, ses ressentiments, s'étaient sourdement estompés. Parce que son père nourrissait son esprit de belles choses, qu'il demeurait fidèle à son serment d'amour, elle pardonna l'indifférence et la froideur dont, jusqu'alors, il avait fait preuve à son égard.

***

-Le pape vient d'accorder l'investiture du royaume de Naples à Alphonse de Calabre, fils du défunt roi Ferrante.

Philippe observa son espion. Un sourire narquois flotta sur ses lèvres.

-En êtes vous certain ?

-Absolument.

-Ainsi, se gaussa l'archiduc, le souverain pontife refuse délibérément que Charles VIII ceigne la couronne de Naples ! Quand je pense que le Français s'est lui-même proclamé roi de Naples et de Jérusalem ! Quelle impudence ! Je me réjouis de la honte et de l'affront que cette sainte décision lui inflige ! Qu'il soit puni comme il le mérite !

-Cela ne le dissuadera pas. Il se croit pourvu d'une mission divine.

-Son projet de conquête en Italie ne me tourmente nullement.

-Détrompez-vous, monseigneur. Le roi est à Lyon, où il prépare son armée. Il n'a aucunement renoncé à son projet insensé.

-Ne m'avez-vous point dit qu'il dilapidait son temps et sa fortune en compagnie des ribaudes ?

-Certes, mais il trame un plan perfide, soudoie un cardinal de Rome dénommé Julien*.

L'espion cligna des yeux et chuchota :

-Un homme d'Église à l'âme guerrière, au cœur de pierre et aux mœurs douteuses, qui possède maîtresse attitrée et enfants légitimes…

Philipe partit d'un rire moqueur puis il retrouva son sérieux.

-Dois-je m'en m'inquiéter ?

-Assurément. Car ce cardinal corrompu brigue le trône pontifical. S'il parvient à ses fins, il délivrera l'investiture napolitaine au roi de France.

-Comment renverserait-il Alexandre VI ?

-En l'accusant, à juste titre, de simonie ; en invalidant son élection.

-Mon père a-t-il eu connaissance de ces intrigues ? se soucia l'archiduc.

-Votre père convole en juste noces. Il ne songe présentement qu'à parfaire sa renommée. Son titre d'empereur  et sa nouvelle épouse semblent l'étourdir !

-Qu'il profite du plaisir, répondit Philippe d'une voix grinçante. Cela me permettra de le devancer.

Il fouilla la poche de son bliaud, sortit une bourse remplie de pièces d'or.

-Merci, monseigneur l'archiduc, murmura l'informateur en recevant son salaire.

Il s'inclina et disparut discrètement.

Philippe demeura seul dans son cabinet de travail. Longtemps, il réfléchit à la manière d'évincer le roi de France.

***

 

Le somptueux repas servi au Prinsenhof de Bruges, en présence des notables et des échevins, témoignait de l'accueil chaleureux que la ville avait réservé au couple impérial. Il effaçait toute trace de rancune et d'indignation, attestait de la fidélité des sujets, de leur profond respect envers celui qui les gouvernait.

Il n'avait point été aisé pour ce peuple versatile, porté à la révolte, à l'insoumission, de se montrer obéissant et accommodant, d'oublier ses ressentiments. Anciennement les Brugeois avaient emprisonné Maximilien, décapité son conseiller et dans les esprits demeurait encore le souvenir cruel des sanglantes représailles. Néanmoins l'heure appelait à la réconciliation, et ces jours de fêtes honorant le mariage de l'empereur, invitaient à l'accommodement. Il eût été préjudiciable d'entretenir une haine inutile. Il n'était plus question d'insurrection mais de paix.

Ainsi, en dépit du scandale, Bruges avait fait montre d'indulgence, déployant un faste inégalé lors de la Joyeuse Entrée de la nouvelle épousée. Jamais la cité n'avait été pareillement  décorée. La foule, en grande liesse, s'était précipitée à la rencontre de l'Italienne, la louant par des vivats et des cris d'allégresse.

Au milieu de ce monde délirant de joie, Marguerite n'avait pu approcher son père. Cependant, lorsque le cortège était passé à sa hauteur, elle avait esquissé un geste timide de la main.. Stupéfait, il avait répondu par une expression médusée puis attendrie. Maximilien et sa fille s'était reconnus. En un instant, en un regard, ils avaient cru effacer les années d'absence et d'éloignement. Ils ignoraient alors qu'un vide continuait de les séparer insidieusement, un vide que ces étranges retrouvailles ne parvenaient à combler puisqu'ils restaient encore, l'un pour l'autre, des inconnus.

À sa grande déception, Marguerite avait dû attendre la fin de la journée pour aborder son père véritablement. Or, elle s'était vite aperçue que le protocole de la cérémonie et du banquet creusait un considérable fossé, empêchait l'épanchement des sentiments. Maintenant, Maximilien se tenait à côté d'elle, mais il l'impressionnait et elle n'osait l'interpeller. Sa gorge se nouait, les mots manquaient et une sombre amertume supprimait peu à peu ses illusions. Comment attirer son attention ? Il semblait l'ignorer, conservait d'insupportables distances. La princesse de Flandre bascula vers une affligeante solitude. Rien ne se passait comme elle l'avait imaginé. Elle avait pourtant revêtu sa plus jolie robe et s'était parée de ses plus beaux atours…

Maximilien frappa soudain dans ses mains pour obtenir le silence.

-À notre bonne ville de Bruges ! s'écria-t-il en levant son verre. À l'impératrice Blanche Marie !

D'un seul élan, les convives l'imitèrent.

-À Blanche Marie ! répétèrent-ils en chœur.

Chacun formula de sincères souhaits de bonheur. Les vœux fusèrent de toute part. L'agitation de nouveau reprit. Philippe profita du trouble général, fit signe au laquais de verser à boire à son illustre voisine.

-Je vois que vous appréciez la boisson que j'ai commandé en votre honneur, dit-il avec un sourire charmeur.

Blanche Marie bu le breuvage vermeil avec avidité.

-Et moi je crois que nous allons fort bien nous entendre, mon cher beau-fils.

Le nectar l'avait déjà étourdie. Son langage se faisait plus familier, ses manières plus lascives. Philippe la dévisagea avec insistance. Elle avait des yeux de biche effarouchée, des formes avantageuses et il émanait de sa personne une certaine volupté à laquelle il n'était point insensible.

-Si vous me parliez de votre famille, proposa-t-il aimablement, cela m'aiderait à mieux vous connaître.

Blanche Marie obtempéra. Comme toutes les femmes, elle aimait se trouver au centre des conversations.

-Je suis hélas la nièce de Ludovic Sforza, se plaignit-elle de façon à ce que le jeune homme s'apitoyât sur son sort.

-Pourquoi hélas ? s'intéressa-t-il en feignant l'étonnement.

Elle se pencha vers lui, chuchota au creux de son oreille :

-C'est un homme vil, cynique, ambitieux !

-Vous semblez le détester…

-Durant la minorité de mon frère Jean Galéas, commença-t-elle en dégustant le vin moelleux et capiteux, il a gouverné le duché de Milan.

L'archiduc fit semblant de deviner :

-Je suppose qu'il veut reprendre ce qui ne lui appartient plus.

-Par tous les moyens, y compris les crimes, les emprisonnements et les pires bassesses.

-Userait-il de traîtrise ?

-Bien avant mes fiançailles, il a conclu un accord avec le roi Charles VIII. Il s'est engagé à lui laisser le libre passage, à l'aider militairement à obtenir le royaume de Naples. En contre partie, Charles VIII lui a garanti la promesse du duché de Milan.

Blanche Marie succomba à une légère mais si agréable griserie.

-Quant à moi, je concrétise l'alliance de Ludovic avec l'Autriche. Mon oncle se rit des Français. Il compte sur les troupes de Maximilien pour les bouter hors d'Italie, dès le Milanais reconquis.

-Vous ne perdez point au change, consola Philippe. Vous voilà impératrice et… je n'en doute pas, heureuse !

Elle rougit un peu, adressa à son mari un regard langoureux.

Mais Maximilien ne prêta pas attention au signe d'amoureuse connivence. Il avait posé sa grosse main sur les doigts effilés de Marguerite, semblait s'abandonner à un tourment oppressant. Comme sa fille ressemblait à Marie ! Comme elle l'entraînait, sans le savoir, vers des rêves douloureux.

L'empereur comprima un vertige angoissant.

-Suis-je donc condamné par Fortune à éprouver une éternelle détresse ? À rester toute ma vie l'homme égaré qui ne sait où il va ? songea-t-il.

Il considéra la princesse de Flandres avec une gravité empreinte de tendresse, se surprit à déplorer son manque d'affection et d'égards.

-Demain, avant de partir pour Anvers, je lui consacrerai un peu de temps, décida-t-il.

 


 

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